Exemple d'analyse d'une photo : "Girls on Bus, Orange Stripe, 1978" par Mark Cohen

girls onbus orange stripeminiRoland Jacquet, en même temps que sa propre analyse de la photo de Christan Heimburger nous fait parvenir cet exemple d'une analyse que nous publions bien volontiers.


L'analyse parue dans "Libération" par Sandra Onana :

Sa figure affiche l’expression perplexe, teintée d’embarras, d’une personne qui se découvre observée. Avant de surprendre l’œil de l’objectif braqué sur elle, cette jeune femme s’abîmait sans doute dans la routine somnambule de son trajet en bus, suivant mécaniquement la musique d’un rituel maintes fois exécuté. Adossée contre la vitre, elle avait renoncé à cette jouissance de voyageurs qui consiste à laisser errer ses yeux sur le paysage, à feuilleter le spectacle du dehors sans y participer, comme on parcourt un flip book. Sans doute sa nuque a-t-elle été chatouillée par l’intuition, impalpable mais vivace, d’être fixée à la dérobée. Le visage tourné vers l’espion accuse la surprise de celle qu’on vient d’arracher aux vapeurs d’un demi-songe.

1/4 heure photo du 15 mai 2019 : "La belle touarègue" par Christian Heimburger

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L'analyse de Roland Jacquet :

J’avoue que j’avais un peu peur de recevoir, pour ce quart d’heure, une de ces images remarquables dont Christian a le secret, un de ces clichés sens dessus-dessous de reflets ou de glaçons, qu’il aime à faire avec maestria, et pour lesquels j’ai une réelle admiration mais qui m’aurait sans doute laissé assez sec pour produire un commentaire consistant à autre chose que simplement en souligner l’inventivité et l’esthétisme évidents.
Donc merci Christian d’avoir choisi, pour cet exercice, une prise de vue qui, par son réalisme poétique, par son intérêt central pour l’être humain et son quotidien, peut être rapprochée du grand courant de la photographie humaniste, de loin celle qui me fait personnellement le plus vibrer.
Voyons donc ce que cette « belle Touareg » et sa petite fille, assises à même le sol, nous inspirent.

Notes sur la Chine | Wiktoria WOJCIECHOWSKA, à voir chez Stimultania
Exposition Wiktoria Wojciechowska chez Stimultania
Autour de Cōng Yàn, c’est la Chine

Ces notes, divisées en chapitres, constituent le récit des moments passés en Chine avec Cōng Yàn. Elles témoignent de la relation unique entre un étranger et son guide. L’étranger tente de comprendre les symboles, le sens des choses et des lieux, mais, inévitablement, il mêle les codes de sa propre culture à ceux qui s’ouvrent à lui.

Observer les traditions et les règles sociales ou écouter les souvenirs permet de se construire une image de la Chine. Cette image n’est subjective qu’en apparence...

En décrivant la vie d’une seule personne, l’attention est portée sur l’individu, alors que la Chine est habituellement perçue comme une masse indéfinissable.

Jusqu'au 28 juillet 2018 chez Stimultania - Pôle de photographie, 33 rue Kageneck à Strasbourg - Du mercredi au dimanche de 14h à 18h30, entrée libre - En savoir plus - Y aller

1/4 heure photo du 24 avril 2019 : "J'aime pas faire la vaisselle" par Gilbert De Murcia

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L'analyse de Christian Sauter :

Jamais deux sans trois... C'est en effet la troisième fois que j'ai le plaisir de commenter une photo de Gilbert.

« Vaisselle ou école ?» pourrait être aussi le titre de la photo du fait de la petite moue, d'un regard un peu vague vers le hors champ, une main dans la bassine et l'autre tenant un stylo. Mais plus certainement, le Bic a servi de cadeau pour faciliter la prise de vue.

Heureusement, il n'y pas le sentiment de photo posée grâce au geste de la main au-dessus de la bassine.

Je ne me suis pas trompé, en revisitant le site de l'auteur, j'ai bien la confirmation que cette photo a été prise au Cap Vert. Au passage, je relève que Gilbert affectionne les scènes où l'on voit les filles occupées aux tâches ménagères.

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