1/4 heure photo du 10 février 2016 : Différence par Florence Remi 

Différence - Photo : Florence Remi
Une 1ère analyse de François Spring :

Une photo en N&B genre « street photography », montrant une sculpture d’un réalisme assez puissant (à moins qu’il ne s’agisse d’un duo de ces acteurs qui s’immobilisent complètement grimés dans des poses souvent étonnantes) donc une statue, posée à même le trottoir ; on est tout de suite sidéré par l’expression tellement cordiale de ces deux personnages, tellement d’ailleurs, qu’ils semblent occuper tout l’espace… et pourtant l’œil est irrésistiblement attiré par ce qui apparait à la toute première seconde comme une incongruité : on ne comprend pas tout de suite - ou plutôt on ne veut pas comprendre - que cette petite chose juchée sur un fauteuil roulant est une personne, une personne vous dis-je, comprenez-vous ? Tout devient alors choquant, très choquant, puisque maintenant qu’on a vu, on sait et on ne manque donc pas d’interpréter quelque part dans un repli du cerveau (qui en a beaucoup) que les types bonasses se foutent du type d’à côté… Enfin ça nous effleure seulement et c’est surtout une bonne excuse du même cerveau pour ne pas, pas tout de suite - attendez il faut que je réfléchisse, laissez-moi 2 secondes encore s’il vous plaît -, pour ne pas s’occuper donc à penser à cet homme, à éprouver comme envers tout homme ce que l’on lui doit comme empathie et même finir par se demander comment il est là sans personne pour le pousser, il semble tenir dans la main une carte… etc.

Le club au carreau Rodolphe : l'album

Il aura fallu beaucoup d’énergie, et de constance à Alain Goirand pour que cette idée de photographier ce haut lieu de la mémoire industrielle régionale arrive à se concrétiser. C’est donc le dimanche 29 mars qu’une douzaine de membres du club se retrouvait sur le carreau…Rodolphe munis de leurs boîtiers et l’œil affûté. Depuis cette date chacun a sélectionné ses meilleures photos puis un deuxième tri a été fait afin, comme promis, de faire un retour  auprès de tous ceux qui avaient permis que cette journée ait lieu : le chargé des affaires culturelles du Conseil Général, la responsable de la gestion du patrimoine du Haut-Rhin et le président de l'association du Carreau Rodolphe. Cette projection a été appréciée non seulement pour la qualité des prises de vues mais aussi pour la fidélité à l’engagement pris auprès de ces personnes représentantes des administrations en charge du lieu de partager avec elles cette sélection de 153 vues dont elles pourront disposer pour leurs publications.

Cet album collectif est intégralement à votre disposition pour consultation : Visite au Carreau Rodolphe (les albums photos) 29/03/2015.

Autres liens utiles : Puits Rodolphe — Wikipédia Le Groupe et le Carreau Rodolphe

 1/4 heure photo du 10 juin 2015 : Destinée par Gilbert Woerth 


Après un bref rappel historique des tribulations imposées aux juifs dans notre région, Françoise Pierre se lançait :

Gilbert nous a habitués à la profusion d'images et de couleurs, ici rien de tel, il va à l'essentiel en noir et blanc avec sobriété et gravité. Gilbert nous a suggéré d'imaginer un autre titre. J'en propose deux :
 avec une pointe d'humour (il en faut bien un peu), "Une photo qui tombe mal" ou bien, en paraphrasant Léo Ferré : "Avec le temps va tout s'en va".

Le sujet :
C'est une photo réaliste prise dans un cimetière israélite (peut être celui de Mackenheim). Une stèle est encore bien droite et semble résister, alors que celle du 1er plan est déjà en train de basculer ,enlacée par les bras/racines tentaculaires de l’arbre : l'affaissement est inexorable.

Les caractéristiques :
La mise au point faite sur la 1ère stèle et l'arbre, le cadrage est serré, le choix du N & B met en évidence le sujet exploré. Si techniquement la photo est banale, le choix du sujet ne l'est pas. Les symboles sont nombreux, forts et existentiels.

 1/4 heure photo du 27 mai 2015 : Jodpuhr, Inde : La vendeuse de rideaux par Alain Thébault  

Une première lecture faite par Alain Goirand :

Il arrive que pris d'une brusque fringale, on se retrouve à manger sur le pouce.
Le premier estaminet fera l'affaire pour se sustenter quelque peu.
C'est dans ces conditions d'urgence que j'ai découvert la photo qu'Alain nous propose ce soir.
Je ne dispose de peu de temps et n'ai que mon téléphone.
Tant pis j'ouvre l'image.
Grand soupir de soulagement.
On est parfois confronté à des images dont la lecture n'est pas instantanée.
Sur un fond richement coloré, un sourire radieux remplit l'écran de mon téléphone.
Un portrait pris sur le vif se présente à mon regard.
Loin des poses parfois empruntées des modèles de studio la jeune femme photographiée se présente au regard du photographe dans un naturel sans artifice.

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