1/4 heure photo du 23 mars 2016 : Le joueur d'échec par Bruno Scheibel

Photo Bruno Scheibel
Un premier commentaire, celui de Jean-Paul Marbach

Bruno a intitulé sa photo « auto-portrait », d'où la question : quelle image de soi veut-il donner ? Est-ce que la manière dont il s'y est pris est convaincante ? Au-delà d'une approche scénique immédiate, a-t-il voulu faire passer un message ?

Eléments de réponse : j'observe ici une mise en scène qui relève d'une réflexion préalable, ce qui s'oppose aux selfies spontanés. Pour qu'il y ait auto-portrait, il ne suffit pas que l'opérateur soit le modèle. La réflexion précède l'action.

Premier élément : Bruno est un acteur, il s'est mis en situation et a déclenché (apparemment avec une télécommande qu'il tient dans la main droite fermée). Est-ce qu'on y croit ? Pour moi, le résultat est convaincant. L'exercice est réussi. Petit bémol néanmoins : l'expression forcée du visage qui dramatise la scène pourrait exprimer à la fois un furieux dépit et un éclat de rire..., mais à la vue du jeu d'échec, le doute n'est plus permis. Bruno est battu à plates coutures et en est furieux. Le geste de s'arracher les cheveux aurait peut-être levé l’ambiguïté, si tant est qu'elle existât. Conclusion : Bruno est un bon acteur, on y croit.
Deuxième élément : quelle autre image Bruno donne-t-il ? Faut-il y voir un message ? je vois un perdant furieux. Est-ce le message qu'il veut véhiculer ? Pour moi, les mises en scène ne sont pas anodines et seul Bruno peut nous éclairer éventuellement à ce sujet. En tout cas, l'image interpelle et c'est l'essentiel.

 1/4 heure photo du 10 février 2016 : Différence par Florence Remi 

Différence - Photo : Florence Remi
Une 1ère analyse de François Spring :

Une photo en N&B genre « street photography », montrant une sculpture d’un réalisme assez puissant (à moins qu’il ne s’agisse d’un duo de ces acteurs qui s’immobilisent complètement grimés dans des poses souvent étonnantes) donc une statue, posée à même le trottoir ; on est tout de suite sidéré par l’expression tellement cordiale de ces deux personnages, tellement d’ailleurs, qu’ils semblent occuper tout l’espace… et pourtant l’œil est irrésistiblement attiré par ce qui apparait à la toute première seconde comme une incongruité : on ne comprend pas tout de suite - ou plutôt on ne veut pas comprendre - que cette petite chose juchée sur un fauteuil roulant est une personne, une personne vous dis-je, comprenez-vous ? Tout devient alors choquant, très choquant, puisque maintenant qu’on a vu, on sait et on ne manque donc pas d’interpréter quelque part dans un repli du cerveau (qui en a beaucoup) que les types bonasses se foutent du type d’à côté… Enfin ça nous effleure seulement et c’est surtout une bonne excuse du même cerveau pour ne pas, pas tout de suite - attendez il faut que je réfléchisse, laissez-moi 2 secondes encore s’il vous plaît -, pour ne pas s’occuper donc à penser à cet homme, à éprouver comme envers tout homme ce que l’on lui doit comme empathie et même finir par se demander comment il est là sans personne pour le pousser, il semble tenir dans la main une carte… etc.

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