1/4 heure photo du 23 Novembre 2016 : "Larmes de pluie" de Patrick Stiegler

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L'analyse de Myriane Guyot :

Je découvre l’image de l’auteur, Patrick Stiegler. D’emblée, l’ambiance est donnée : la pluie bien présente, sur la vitre qui délimite l’espace… ainsi tout naturellement l’auteur a gardé le format portrait ; une pluie drue, ruisselante, à en croire les grandes coulées d’eau formant d’intéressantes diagonales avec le foisonnement des gouttelettes entre les lignes obliques et élaborant un filtre qui va donner à la photographie une atmosphère particulière et lui apporter du flou.
Du fait des conditions climatiques, la lumière est peu marquée, laissée en l’état par l’auteur qui semble guidé par le respect d’une certaine authenticité de l’histoire qu’il souhaite partager avec nous. L’auteur, en effet, n’a pas choisi de pousser le curseur du contraste, il nous oblige à rechercher, dans sa palette de camaïeu gris, tous les détails de son tableau photographique.
D’emblée, mon œil est attiré par le couple situé sur le côté inférieur droit de la photo, situation à l’impact très fort sur une image ; je tourne autour de ce duo comme une spirale et je m’en détache pour reprendre la lecture habituelle d’une photo, de la gauche vers la droite : je suis le muret, puis remonte l’arche des arbres, je redescends sur le petit lampadaire en faisant une boucle autour de la lampe, retrouve le duo puis remonte jusqu’aux faîtes de ce que j’imagine être des peupliers à l’arrière-plan.

 1/4 heure photo du 09 Novembre 2016 : "Lire à Venise" de Michel Bintz

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L'analyse de François Spring:

Vous aurez remarqué qu’en général s’il y a un texte, ou une personne (ou les deux à la fois) représenté sur une photo, ces éléments qui pourraient en principe n’être que des éléments parmi d’autres focalisent immédiatement l’attention de l’observateur et donc la lecture qu’il fera de cette image en sera imprégnée exactement comme en cosmologie où la masse d’un corps déforme le champ gravitationnel autour d’elle et modifie la trajectoire des autres corps à proximité.

Passées ces généralités et cette digression astronomique, revenons-en à cette photo de Michel.

C’est un lieu, un peu bizarre parce qu’on ne saisit pas immédiatement ce dont il s’agit, extérieur mais avec comme un doute : peut-être un lieu autrefois à l’extérieur mais aujourd’hui couvert, par une verrière peut-être… Et des livres (des écrits donc), en gros paquets, ficelés, et recouverts de vieux tapis usés ; l’usage en a sensiblement évolué puisque les voilà devenus marches d’escalier, ce qui nous est confirmé par écrit (en anglais, mais les livres semblent plutôt en allemand, eux).

 1/4 heure photo du 12 Octobre 2016 : "Les Tournesols" de Marie-Elisabeth Molaro

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Une première analyse de Françoise Pierre :

Élisabeth a photographié un paysage estival : des tournesols à l'apogée de leur floraison. Les tournesols, sujet prisé des grands peintres (Van Gogh, Monet, Mondrian, Buffet, Klimt, Matisse…), toujours présents dans la décoration contemporaine, sont le plus souvent mis en scène (vases, fleurs fanées…). Ici, peu de mise en scène : grand angle (28 mm), en légère contre-plongée : photo champêtre prise sur le vif.
Ce choix restreint les possibilités de composition. Les lignes verticales des tiges structurent l'image. Les grosses fleurs rondes sont réparties sur 3 lignes horizontales. L'ensemble est composé de 3 plans verticaux successifs parfaitement nets (f/22), faisant apparaître les fleurs plus petites à l'arrière plan. Cet effet de perpective est probablement dû à la focale utilisée. Cette composition me dérange un peu.

 

 1/4 heure photo du 28 Septembre 2016 : "Fred & Bruna" par Alain Goirand

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Une première analyse  de Christian Sauter :

L'intention d'Alain est claire. La photo proposée est vivante et « prise sur le vif ». Bonne incitation à notre égard pour le thème de la prochaine exposition.

Connaissant l'auteur, il ne pouvait s'agir que d'une proposition en noir et blanc. Le sujet l'impose d' ailleurs naturellement. Le plan est serré et frontal. La lecture de ce message humaniste est évidente. L’œil suit une ligne en diagonale et parcourt, par des aller-retours, des éléments expressifs très bien rendus : un visage d'homme, sa main resserrée, sa chienne, les regards et bien sûr la langue sur le menton de son maître. Cette composition là signifie un sentiment réciproque de grande empathie entre les protagonistes.

On croit presque entendre « tu es ma chienne, tu es mon maître »

 

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