1/4 heure photo du 10 octobre 2018 : "Réflexion" de Robert Klauth

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L'analyse de Béatrice Lacour :

Cette photo a été prise dans la salle de l’Aubette lors du Salon de Photographie ‘’Regards au féminin’’ au mois d’avril 2018, parmi une sélection de photos de femmes-auteures, autour de Vivian Maier.

Ce sont deux clichés de Fabienne Cresens, photographe belge, extraits de sa série ‘’La montée des eaux’’.

Sensible à l’environnement, Fabienne Cresens nous fait partager sa vision pessimiste de l’avenir du monde au travers de portraits de personnes portant chacune un bonnet de bain dénonçant l’augmentation du niveau de la mer. Ce bonnet symbolise l’action de l’Homme luttant désespérément contre les catastrophes naturelles, mais qui reste impuissant contre les destructions permanentes générées par l’ensemble des éléments en furie.

La photo proposée dégage dans son ensemble une atmosphère à la fois ‘’interrogative, dubitative et expectative‘’. L’enfant visiteur, dans une stature décontractée, contemple de biais le visage crispé et au regard perçant de la femme de droite, plus âgée que celle de gauche. Il semble réfléchir et s’interroger sur l’expression de ce visage qui le fascine, tournant de ce fait le dos à celui de gauche. À première vue, on ne distingue pas trop ce qu’il tient dans la main, peut-être le dépliant présentant l’exposition. Il est le seul avant-plan. Diaphragme en F 5/6 .

Photo en noir et blanc, couleur chère à Robert, elle accentue les traits et lignes des trois personnages, tout en mettant en valeur l’ombre du garçon, par opposition au blanc entourant les deux portraits éclairés par le haut. La position des trois éléments met en relief une disposition triangulaire, respectant la règle des deux tiers en hauteur. Le garçon, en retrait par rapport à l’arrière-plan triangulaire du panneau, se trouve sur l’axe médian de la photo, toutefois sans axe de symétrie. Quel que soit le regard porté, l’œil du spectateur y circule facilement.

Cette photo traduit une prise de conscience et une attente de réaction de l’être humain face à des situations quotidiennes inquiétantes. De caractère sociétal, elle est d’actualité. Ces deux femmes ne s’interrogent-elles pas sur la capacité de l’homme, non seulement à maîtriser le déchaînement des éléments naturels, mais aussi à faire en sorte d’en générer le moins possible ? Le jeune garçon quant à lui se pose peut-être d’autres questions...
Belle, sobre mais expressive, cette image nous envoie un signal fort, nous invitant à réfléchir sur notre avenir.


Deuxième analyse de Louis Doerr :

Il se trouve que j’ai également photographié ce gamin. Que dire, si ce n’est que j’aime cette image et l’atmosphère qui s’y dégage.

Certes le sujet est au centre de l’image, mais cette dernière est équilibrée par les deux autres personnages. J’aime la position très rigide du gamin devant ce personnage portant un bonnet de bain. Je me demande à quoi il pense en regardant attentivement ce personnage qu’il fixe assidument. Peut-être pense-t-il à sa grand-mère ? avec ce regard sombre, voire strict !
Dommage que le regard de la photo de gauche ne soit pas plus bas, ce qui aurait eu plus d’impact sur la photo. L’enfant se dit peut-être : « Pourquoi ne me regardes-tu pas moi ? »

C’est étonnant qu’un enfant de cet âge soit si attentif et si sérieux devant les images présentées à cette exposition ! Peut-être sera-t-il un futur photographe ?... Bien vu Robert, cette image est prise sur le vif !

 

 

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