1/4 heure photo du 19 Septembre 2018 : "Sans titre" de Armand TROESTLER

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L'analyse de Denis Mouron :

En recevant le message d’Armand, j’ai de suite été intrigué par l’absence de titre à cette image…

S’agit-il d’une énigme ? D’une volonté délibérée de son auteur ? Et si oui, que cherche-t-il à provoquer chez nous ? Voyons voir çà d’un peu plus près et découvrons l’image…

Pour commencer, la partie technique…

En premier lieu, le choix du noir et blanc : un très bon choix à mon sens, que l’envoi quelques jours plus tard de la version colorisée n’a fait que confirmer.

Du côté des exifs, je dirais assez classique mais très bien maîtrisé : iso 200, 1/200 s vitesse suffisante pour figer le mouvement sans doute pas très dynamique des deux sujets (heureusement que le vent ne soufflait pas comme dimanche dernier…), focale de 28 mm avec diaphragme fermé à 5.6 pour obtenir un rendu suffisamment étendu et détaillé de la scène.

Poursuivons avec la composition et le cadrage, que je qualifierais volontiers d’équilibrés et soignés. Pouvait-il d’ailleurs en être autrement venant de l’auteur… Ils constituent pour moi un cas d’école des fondamentaux de la photographie. À savoir, dans le désordre : la présence de trois plans, tout pile aux tiers de l’image, la ligne de fuite du coin en bas à gauche vers le coin en haut à droite, marquée et accentuée par la présence de la barque, le cours d’eau qui occupe toute la partie basse de l’image pour finir par se concentrer dans le coin haut à droite, et la présence des deux sujets dans le coin en haut à droite, l’un d’entre eux étant situé sur un point de force de la fameuse grille des tiers.

Voilà pour les aspects techniques… Passons à la séquence émotion (çà c’est le clin d’œil à Nicolas), si tant est qu’un rustre homme de la forêt comme moi, puisse être doté de quelques fibres sentimentales…

En regardant cette image, j’ai ressenti, finalement assez rapidement (peut-être est-ce lié à la qualité de la composition), une invitation à l’évasion, au voyage, vers l’inconnu… Tout y est réuni pour qu’on abandonne notre quotidien, qu’on laisse de côté l’instant présent, pour sauter dans la barque et rejoindre les deux compères venant à notre rencontre, pour je ne sais quel voyage vers l’infini et l’au-delà (ah mince, satanés gamins et leurs dessins animés !!!).

Bref, merci Armand pour cette invitation pour un voyage mystérieux, imaginaire, apaisant, peut-être à la découverte du Ried, ou peut-être vers un monde ou une dimension parallèle… Finalement, à chacun d’imaginer sa destination… Et du coup de donner son titre à cette image !

Deuxième analyse de Francis Motsch :

J'ai été tiré au sort pour faire l'analyse de la photo d'Armand. Cela commence mal, c'est une photo en N&B.

Les premières photos couleur sont apparues en 1935 chez Kodak suivi un an après par Agfa. Actuellement, en numérique, le passage de la couleur en N & B se fait sans problèmes avec un bon logiciel. J'ai demandé à Armand qu'il m'envoie la version en couleur pour comparer. Finalement, son choix a été judicieux. Le N & B amène une certaine quiétude, douceur, ambiance, qui n'apparait pas sur l'image couleur.

La composition de l'image est bonne, une lecture de gauche à droite qui nous amène dans l'image. La photo a surement été prise dans le Ried ou quelque bras mort du Rhin. Retour des bateliers aprés avoir promené des touristes.

Conclusion : une belle image qui méritait la conversion en N & B. Bravo.

 

 

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