1/4 heure photo du 08 novembre 2017 : "France rurale" de Alain Goirand

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L'analyse de François Spring :

"France rurale", j’aime bien ce titre au caractère si général pour une photo qui fleure bon l’anecdote, et pas que, car s’il s’agit de parfum ou plutôt d’odeur...

C’est toute une partie de mon enfance faite de vacances campagnardes, de jeudis ou de dimanches chez le père Duchêne même que la vache avait vêlé ce jour-là, qui ressurgit !

Alain ! Ta photo c’est ma madeleine de Proust, mais pas trempée dans le thé, ça non, je crois même bien qu’à cette époque je ne savais même pas que ça existait cette affaire-là, nous c’était plutôt la cafetière au coin du feu ou alors des fois la boldoflorine ou le tilleul mais pas en miettes et dans son pochon de tissu fermé d’un cordon. Mais bon, revenons-en au sujet quand même, ne jamais se laisser envahir par les émotions quand on est juge !

Oui, le sujet : à savoir le roi de la basse-cour, un roi un peu ridicule quand même car il ne s’agit pas là d’un de ces boucs majestueux et hautain chef d’un harem de belles alpines mais d’un de ces petits machos au caractère acariâtre qui ne se fait respecter que d’une piétaille de ferme : quelques canards-dindes ou d’Indes et d’une oie de Guinée (facile de courser les immigrés, hein !). Un petit bouc donc, au milieu d’un environnement plutôt mamaillou d’une arrière basse-cour de campagne qui semble tout droit sortie du milieu du siècle dernier, l’après-guerre quoi, la période d’avant le grand remembrement car si la photo était prise à l’écomusée, il y aurait des citadins et des pancartes ! Mais me voilà à nouveau dans le sentiment, voire le ressentiment et même sans doute la nostalgie.

Alors disons-le : une belle photo document avec ce qu’il faut d’anecdotique, le tout rendu dans une riche gamme de gris dans un cadrage (6x6 reflex bi-objectif ? Je blague...) très réussi car la scène animalière est parfaitement restituée dans son environnement difficile à rendre. Merci Alain.

 

Une deuxième analyse de Bernard Bertrand :

Intitulée « France rurale », cette photo, sans EXIF, ne livre rien sur la prise de vue ; de toute manière au vu du tripotage de l’image cela n’apporterait pas grand-chose...

Sans surprise, le résultat du traitement en noir et blanc est spectaculaire, et même certainement un peu trop car cela donne une noirceur à l’image pas forcément nécessaire, mais c’est peut-être le but recherché de la part d’Alain. Laisser la photo en couleur aurait donné plus de vie à cette scène d’antan. Ou alors, pour lui donner un caractère du temps passé, peut-être utiliser une teinte sépia...

La composition est équilibrée, mais le format carré ne me parait pas justifié avec cette image. Ce format enferme les animaux qui s’enfuient de chaque côté, les canards de Barbarie à droite et surtout le jars à gauche qui se retrouve avec le bec collé contre le bord de l’image.
Je sais bien qu’il ne faut pas toujours respecter les règles en photographie, mais là quand même...

Tout est dit dans le titre, mais on pourrait aussi appeler cette photo « Casse-toi tu pues... »

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