1/4 heure photo du 12 juin 2019 : "Fin de régate" par Patrick Stiegler

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L'analyse de Gilbert de Murcia :

La photo que nous propose ce soir Patrick est tirée de son album ‘’Régates à St.Tropez’’.
Alors, voici ce que dit la légende :  ‘’Organisé chaque année au début du mois d'octobre, cet évènement est devenu un rendez-vous incontournable des amoureux de la voile. J'y étais...
Mais un coup de vent d'Est a contrarié les régates pendant plusieurs jours. Et ce n'est que depuis la côte du golfe que, équipé d'un puissant téléobjectif, j'ai pu faire ces quelques photos...”
Alors il faudrait que Patrick s’explique parce que, de retour de régates, dos à la mer et face à St Tropez, le vent sur cette image semble venir non pas de l’est mais de l’ouest ? De plus, cette photo ne semble pas prise depuis la côte, mais depuis la mer !
Mais laissons là ces broutilles, et regardons cette image traitée façon pastel que l’on penserait tirée d’un film italien.

1/4 heure photo du 29 mai 2019 : "Rizière" par Guy Feltz

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L'analyse de Michel Bintz :

Guy,

Cette scène de la vie quotidienne, que tu as dû prendre au cours d’un voyage en Asie, présente à mon sens quatre scènettes  juxtaposées :

- sur la gauche, un enfant qui ne regarde pas l’engin en pleine action, mais plutôt une scène que nous ne voyons pas ;
- au centre, un homme en appui à l’arrière de son motoculteur vraisemblablement dans une rizière. Il est arc-bouté sur sa machine qu’il a du mal à maîtriser, elle est trop forte, trop rapide et sans âme.
Cette scène signifie également un changement d’époque, la fin du travail avec le Bubalus bubalis (buffle d’eau) et la mécanisation du labourage dans la culture du riz ; malgré tout, la rudesse du travail est encore bien présente ;

Exemple d'analyse d'une photo : "Girls on Bus, Orange Stripe, 1978" par Mark Cohen

girls onbus orange stripeminiRoland Jacquet, en même temps que sa propre analyse de la photo de Christan Heimburger nous fait parvenir cet exemple d'une analyse que nous publions bien volontiers.


L'analyse parue dans "Libération" par Sandra Onana :

Sa figure affiche l’expression perplexe, teintée d’embarras, d’une personne qui se découvre observée. Avant de surprendre l’œil de l’objectif braqué sur elle, cette jeune femme s’abîmait sans doute dans la routine somnambule de son trajet en bus, suivant mécaniquement la musique d’un rituel maintes fois exécuté. Adossée contre la vitre, elle avait renoncé à cette jouissance de voyageurs qui consiste à laisser errer ses yeux sur le paysage, à feuilleter le spectacle du dehors sans y participer, comme on parcourt un flip book. Sans doute sa nuque a-t-elle été chatouillée par l’intuition, impalpable mais vivace, d’être fixée à la dérobée. Le visage tourné vers l’espion accuse la surprise de celle qu’on vient d’arracher aux vapeurs d’un demi-songe.

1/4 heure photo du 15 mai 2019 : "La belle touarègue" par Christian Heimburger

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L'analyse de Roland Jacquet :

J’avoue que j’avais un peu peur de recevoir, pour ce quart d’heure, une de ces images remarquables dont Christian a le secret, un de ces clichés sens dessus-dessous de reflets ou de glaçons, qu’il aime à faire avec maestria, et pour lesquels j’ai une réelle admiration mais qui m’aurait sans doute laissé assez sec pour produire un commentaire consistant à autre chose que simplement en souligner l’inventivité et l’esthétisme évidents.
Donc merci Christian d’avoir choisi, pour cet exercice, une prise de vue qui, par son réalisme poétique, par son intérêt central pour l’être humain et son quotidien, peut être rapprochée du grand courant de la photographie humaniste, de loin celle qui me fait personnellement le plus vibrer.
Voyons donc ce que cette « belle Touareg » et sa petite fille, assises à même le sol, nous inspirent.

1/4 heure photo du 24 avril 2019 : "J'aime pas faire la vaisselle" par Gilbert De Murcia

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L'analyse de Christian Sauter :

Jamais deux sans trois... C'est en effet la troisième fois que j'ai le plaisir de commenter une photo de Gilbert.

« Vaisselle ou école ?» pourrait être aussi le titre de la photo du fait de la petite moue, d'un regard un peu vague vers le hors champ, une main dans la bassine et l'autre tenant un stylo. Mais plus certainement, le Bic a servi de cadeau pour faciliter la prise de vue.

Heureusement, il n'y pas le sentiment de photo posée grâce au geste de la main au-dessus de la bassine.

Je ne me suis pas trompé, en revisitant le site de l'auteur, j'ai bien la confirmation que cette photo a été prise au Cap Vert. Au passage, je relève que Gilbert affectionne les scènes où l'on voit les filles occupées aux tâches ménagères.

1/4 heure photo du 27 Mars 2019 : "A do lé woun" par Alain Thébault

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L'analyse de Pierre Heckel :

Photo sobre et très expressive à la première lecture de l'image.
Composition parfaite dans les règles des tiers, une lumière exceptionnelle, bien gérée par le capteur.
Notre regard est immédiatement attiré par les yeux de cet enfant, un regard qui interpelle et révèle quelque peu ses conditions de vie sociale.
Le bol est vide, à quelques graines près et l'espace à droite sur la photo (2/3) est également vide, l'enfant ne porte, à priori, aucun vêtement !
La diagonale matérialisée par la séparation du mur bleu d'avec le sol gris, emmène notre regard vers le bas, vers l'inconnue puisque nous ne voyons pas le reste du décor. Encore un point fort de la composition !

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